Un pistolet et Arthur et les Minimoys

Parce qu’un mauvais texte sur ma pratique sera toujours mieux que pas de texte du tout.
Je déteste quand les artistes parlent avec des termes pompeux de leurs créations.
Tout ce jargon.
Notamment pour éviter le mot « Œuvre ».
On parle de travail, de production, de proposition, de projet.
J’ai l’impression qu’il n’y a que les non artistes qui l’emploient, sans se poser la question une seule fois de la légitimité.

La plupart du temps je ne pense pas en série, en mot-clés, en thématique, en dossier, en revendication.

Là par exemple, bon, j’ai trouvé un bout de bois en forme de pistolet, je l’ai ramassé, je me suis dit « ça ferait bien avec de la laine » alors j’ai mis de la laine.
Ensuite je me suis dit « ça ferait bien avec du fil de fer » et je l’ai enroulé autour.
Et, alors même que je devais recadrer les étudiants qui lors du tutorat citaient les films Harry Potter comme référence, je dois avouer que j’ai fait le viseur en pensant aux catapultes d’Arthur et les Minimoys.
Cet univers me rend complètement dingue, à tel point que je ne m’autorise à le visionner que rarement dans l’année, pareil pour le livre qui documente sa réalisation, que j’adore.
Une sorte de modération esthétique nécessaire pour garder les pieds sur terre.

Ecrire des dossiers pour la fac était une souffrance la plupart du temps.
J’avais de plus en plus de mal à faire le deuil du dossier parfait.
Toujours l’impression de n’avoir pas assez lu, ou de ne pas savoir assez bien faire le compte rendu de mes lectures.
Une recherche de la perfection bien vaine quand on sait comment nous sommes évalués.

En fait, pour les dossiers ça allait encore. Le mémoire, je n’ai jamais réussi.
Je me laisse deux ans pour réussir le prochain. Mon ébauche de mémoire d’il y a deux ans parlait de Marie-Paule Belle. Il y a quelques jours, on apprenait son décès. Je crois que je dois passer à autre chose. Le pire, c’est qu’un jour avant la nouvelle, je me remettais à lire Françoise Mallet-Joris avec Un chagrin d’amour et d’ailleurs, dont le titre m’a inspiré le nom de ma galerie en ligne. C’est le premier de cette auteure qui me déçoit un peu.
Je crois n’avoir jamais lu de bon mémoire, je suis sûre que ça ne m’a pas aidée.
Le prochain sera en lettres, alors je dois combattre cette peur d’écrire qui a commencé en  2024.

Quoi de mieux qu’un pistolet pour ce faire ?

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